Facebook, Foursquare, GetGlue et les autres : Expression, participation et illusions du web 2.0 ?

Web 2.0 Mosaic

Web 2.0 Mosaic

A mille lieues d’un sondage Mediamétrie, mieux qu’un avis rédigé sur Facebook, sur les traces d’un Stumbleupon ou d’un Digg, GetGlue (comme son compère Hot Potato récemment racheté par Facebook) est un nouvel élément clef de la collecte d’information, et en particulier de l’identification de tendances (instantanées ou non) et de la qualification d’internautes.

AdaptiveBlue, l’éditeur de GetGlue, vient de lever 6 millions de dollars lors du closing de son 3ème tour de table. Cette levée de fonds a été menée par Time Warner Investments qu’ont accompagné les VC historiques RRE Ventures et Union Square Ventures.

 

Quels enjeux sont susceptibles de motiver de telles décisions d’investissements ?

GetGlue offre aux personnes ‘connectées’ la possibilité de noter (simplement, sur un mode similaire au “Like” de Facebook), de déclarer sa participation à un évènement (regarder un programme télévisé, écouter une émission de radio, etc.) et de consulter ou recevoir des recommandations en provenance de tiers. Afin de rendre le service représentatif et ‘mobilisateur’, GetGlue multiplie les partenariats avec des fournisseurs de contenu (ex. : HBO, Universal Pictures, Barnes and Nobles et prochainement quelques chaînes de TV) et de cadeaux (points, badges et stickers) qui permettent d’inciter à l’usage de son site ou de son ‘app’.

Nous nous accordons tous à reconnaître que les réseaux sociaux se sont développés sur les fondations de notre désir naturel et universel de partager, de prendre part à la discussion, de laisser la trace de son opinion en espérant qu’elle puisse peser dans la balance (en politique comme dans la sphère des loisirs). Le succès de Facebook y doit beaucoup.

Mais à y regarder de plus près, ces outils, qui semblaient constituer un nouveau pas vers la démocratie, le libre choix, et quelque part la diversité (et son inhérente richesse), risquent bientôt de trahir leurs premiers partisans, les users précurseurs du social media.

En effet, si l’on comprend aisément la nature du service rendu par une ‘recommandation’ ou la lecture des commentaires postés par d’autres ‘GetGluers’ (Stumblers ou Facebookers),  quel intérêt avons-nous à ne plus recevoir que des publicités associées à nos précédentes expériences ou à celles de nos amis ? A ne plus consommer que du produit conçu sur mesure en fonction des avis et retours que nous émettons ?

Cette préoccupation, toute personnelle et morale, n’affecte pas les professionnels de la communication, et tout particulièrement les annonceurs. Bien au contraire (et sans doute ont-ils raison pensé-je sous mon masque de VC), les rois du marketing (que sont de nombreux startuppers du web) n’ont cure de ces préoccupations. Ils savent, de façon fort maline,  aliéner l’Internaute et valoriser, financièrement bien sûr, ce désir d’expression au profit des communicants de tous types.

A l’image de GetGlue, le ‘social media’ (participatif par nature) apparaît plus que jamais comme un outil d’analyse et d’adressage au service des marques et produits.

Pourquoi ?

Les media sociaux tels que nous les connaissons sont de formidables collecteurs et pourvoyeurs d’opinions. Ils apportent, sur un plateau doré, une foultitude d’informations dont les ‘marketeurs’ ont toujours rêvés. Ils permettent en particulier d’améliorer la qualification (catégorisation) des internautes, véritable Graal du webmarketing, facilitant ainsi le travail de ciblage et réduisant les coûts (et/ou optimisant les marges) de communication.

L’instantanéité, le temps réel, voici l’autre enjeu à court terme qui permettra d’optimiser les campagnes publicitaires, lesquelles s’appuient d’ores et déjà sur des plateformes automatisées d’une puissance incroyable (cf. Adexchange et consorts SSP et DSP).

A qui profite cette atteinte, toute relative, à la naïveté des Internautes ?

  1. A AdaptiveBlue, et autres éditeurs évidemment, qui peuvent soit valoriser et revendre les données ainsi accumulées et retraitées, soit générer du trafic publicitaire et prélever au passage une commission sur affichages ;
  2. Aux grands annonceurs et à leurs agences de com, tous contraints d’optimiser leurs programmations (en fonction des audiences) et leurs délais de réaction ;
  3. Aux mêmes communicants obligés, jusqu’à présent, de justifier leurs taux d’audience par des moyens plus imprécis et onéreux (cf. les sondages des sociétés d’études comme Mediamétrie).

Si la captation des budgets du marché de la publicité passe effectivement par la création d’un lien de dépendance entre Internautes/Mobinautes et leurs fournisseurs de services d’expression, et in fine par l’aptitude des uns et des autres à collecter de l’info et à qualifier leur audience, alors  Time Warner Investments, RRE Ventures et Union Square Ventures ont-ils probablement réalisé une belle opération.

Mais jusqu’à quand car GetGlue n’est que le énième exemple de start-up fondant son modèle économique sur le marché (sous-jacent) publicitaire.

L’autre question que cette levée de fonds soulève est la suivante : au-delà du e-commerce, n’y a-t-il que le marché publicitaire pour soutenir des initiatives intéressantes (et rentables) dans le monde du web ?

Tout indice, voire toute réponse seront bien entendu les bienvenus…

http://www.readwriteweb.com/archives/5m_monthly_check-ins_later_getglue_comes_to_android.php

http://mashable.com/2010/12/03/getglue-funding

À propos AHVenture
Origine et formatage : fonds de capital-risque... Mais qui sait peut-être passerai-je un jour du "bon" côté de la barrière ?!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.